Catégorie : Saison 2025

Saison 2025

Cette nouvelle saison sera conforme à notre tradition, découverte et fidélité.
– Découverte le dimanche 13 juillet avec Alexandra Dovgan   pianiste, dans des œuvres de Beethoven, Chopin, César Franck,  Prokofiev.
– Découverte encore le samedi 16 août avec Liya Petrova, violon et Adam Laloum, piano. Au programme, Schumann, Brahms, Strauss.
– Fidélité le dimanche 24 août à Anastasia Kobekina, violoncelle accompagnée cette année par Jean Selim Abdelmoula, piano, dans des œuvres de Brahms

Concert du 3 août

/// Alexandra Dovgan, piano

À tout juste 18 ans, Alexandra Dovgan, née au sein d’une famille de musiciens, a commencé ses études de piano à quatre ans et demi. Héritière de la prestigieuses école du piano russe, protégée du grand pianiste Grigori Sokolov, Alexandra se produit dès l’âge de 11 ans dans les plus grandes salles de concert à Saint-Petersbourg, puis à Berlin, Amsterdam, et à 14 ans au Théâtre des Champs-Elysées et à la Fenice à Venise. Alexandra a joué sous la baguette des plus grands chefs : Gustavo Dudamel, Trevor Pinnock, Paavo Järvi, Ton Koopman,  Kazuki Yamada…

Pour la saison 2025-26 elle fera ses débuts au Carnegie Hall de New York et au Kennedy Center de Washington et se produira, au Concertgebouw d’Amsterdam, au Musikverein de Vienne.

Beethoven (1770- 1827)
Sonate N° 17 Op 31 N°2
La Sonate pour piano n° 17 en ré mineur, aussi connue sous le nom de «La Tempête», est l’une des œuvres les plus expressives et puissantes de Beethoven. Composée entre 1801 et 1802, cette sonate tourmentée et passionnée, reflète l’état d’esprit de Beethoven à cette période, hanté par l’idée du suicide. Seule sa production musicale incessante l’empêche de passer à l’acte. La sonate se distingue par ses mouvements contrastés : un premier mouvement Largo, Allegro sombre et dramatique, suivi d’un second, Adagio, plus calme et introspectif, puis d’un dernier mouvement, Allegretto, énergique et tumultueux.

Frédéric Chopin (1810-1849)
Barcarolle op 60 et Fantaisie Op 49
La «  Barcarolle » c’est le rythme du chant des gondoliers vénitiens. Maurice Ravel, qui aimait beaucoup cette œuvre de 1846, la décrit«  constamment vêtue d’harmonies éblouissantes. Un moment, une mélopée s’échappe, reste suspendue et retombe mollement… un nouveau thème éclate puis du grave s’élève un trait rapide frissonnant qui plane sur des harmonies précieuses et tendres »
La « fantaisie » date de 1841. C’est une œuvre de passion et de force qui déborde d’accents d’angoisse et d’espoir.

César Franck (1822-1890)
Prélude, Chorale et Fugue
Titulaire de l’orgue de Sainte Clotilde pendant trente ans jusqu’à sa mort, César Franck ne sortit de l’ombre que dans les dernières années de sa vie. Prélude, Chorale et Fugue, composé en 1884, est sa première grande œuvre pour piano seul.
Le Prélude de caractère méditatif s’achève dans une atmosphère de gravité. Le Choral, lent et méditatif mène progressivement à la Fugue qui s’intensifie jusqu’à la conclusion en un débordement d’extrême virtuosité.

Prokofiev (1891- 1953)
Sonate N°2 Op 14
Composée en 1912 cette sonate témoigne déjà d’un nouveau langage esthétique révolutionnaire d’une grande âpreté harmonique et rythmique qui s’affirmera tout au long de sa vie. Le premier mouvement, Allegro non troppo, voit se succéder thèmes fiévreux, lyriques et syncopés. Le deuxième mouvement, Allegro moderato enchaine une première partie rythmique et volontaire avec une deuxième partie légère et dansante avant que ne revienne une reprise de la première partie. Le troisième mouvement Andante est une des très belles pages narratives, à l’atmosphère de mystère et de légende. Le dernier mouvement Vivace déploie la virtuosité spécifique de Prokofiev, associant figures tourbillonnantes, bondissements et martèlements précipités à la mélodie lyrique du premier mouvement jusqu’à la cadence finale.

Concert du 16 août

/// Liya Petrova, violon
/// Roustem Saïtkoulov, piano

Révélée en 2016 par un premier prix au concours international  Carl Nielsen Liya Pétrova n’a cessé depuis de se produire en soliste  avec les plus grands orchestres français et internationaux. Elle vient de se produire à la Roque d’Anthéron avec Alexandre Kantorov et au Royal Albert Hall à Londres (BBC Proms). Toujours avec Alexandre Kantorov elle a enregistré la sonate de Strauss que vous entendrez ce soir. Elle joue depuis 2023 un Guarnerius del Gesu réalisé en 1742.

Roustem Saïtkoulov, que les habitués du Pont des Arts ont déjà eu l’occasion d’entendre en 2022 avec la violoniste Fanny Clamagirand, est originaire de Kazan. Formé au sein de la prestigieuse école russe de piano, il a travaillé au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou avant de poursuivre ses études à Munich. Formant un duo inoubliable avec le violoniste Maxim Vengerov, Roustem Saitkoulov a enchanté les salles les plus prestigieuses des quatre continents, telles que la Suntory Hall de Tokyo, le Carnegie hall de New York, la Philharmonie de Paris ou le Conservatoire G. Verdi de Milan.

Schumann (1810-1856)
Sonate N°1 en la mineur Op 105
Elle date de 1852 où il sent qu’il ne lui reste plus que quelques années à vivre. Il se lance alors dans une frénésie de composition (« Il faut créer pendant qu’il fait encore jour ») et une rapidité d’écriture impressionnante. Quatre jours pour cette première sonate !
– Avec une expression passionnée : il alterne contrastes mélodiques et techniques qui trahissent la fougue du compositeur.
– Allegretto : s’y exprime une nature rêveuse et mélancolique et alterne une ondoyante mélodie avec de soudain accès de fièvre.
– Animé : c’est une poursuite effrénée entre les deux instruments qui semblent ne jamais se rejoindre.

Brahms (1833-1897)
Sonate N°3 en ré mineur Op 108
C’est à la musique de chambre que Brahms a confié ses meilleures inspirations. Composée en 1888 au bord du lac de Thun par un été paisible, loin du temps des orages, cette sonate épique et sentimentale, exprime une inspiration plus épanchée, d’un lyrisme sans contrainte. Quatre mouvements :
– Allegro : un mouvement d’ouverture intense et passionné, marqué par un dialogue énergique entre le piano et le violon, avec des thèmes lyriques et dramatiques.
– Adagio : le sommet de cette œuvre empreint de douceur et de mélancolie, une des plus effusives rêveries qui soient.
– Un poco presto e con sentimento : plus vif et rythmé, avec un caractère dansant évoquant presque une danse hongroise.
– Allegro molto : animé et virtuose, combinant vivacité et intensité, concluant la sonate sur un souffle épique.

Richard Strauss (1864-1949)
Sonate en mi bémol majeur Op 18
Loin de ses poèmes symphoniques ou de ses quinze opéras, c’est l’œuvre en 1888 d’un jeune romantique qui écoute encore ses maitres de Beethoven à Mendelssohn et Schumann et témoigne d’un lyrisme intense, d’une grande complexité harmonique et d’une virtuosité technique. Trois mouvements :
– Allegro ma non troppo : une énergie juvénile et une grande expressivité alternant passages passionnés et moments plus contemplatifs.
– Andante cantabile : un véritable chant, empreint de douceur et de nostalgie.
– Andante – Allegro : une introduction lente qui prépare un finale vif et brillant combinant virtuosité et légèreté.

Concert du 24 août

/// Anastasia Kobekina, violoncelle
/// Jean-Selim Abdelmoula, piano

Née en Russie, Anastasia Kobekina débute le violoncelle à 4 ans et fait l’essentiel de ses études en Russie puis à Berlin. Elle est lauréate en 2016 du Festival Enesco puis en 2018 est nommée « New Generation Artist » de la BBC. En 2019 elle est lauréate du Concours international Tchaïkovski et en 2024 obtient le prix Opus Klassic, le plus célèbre d’Allemagne. Elle joue un violoncelle Stradivarius daté de 1698.

Jean Selim Abdelmoula, pianiste et compositeur a fait ses études aux prestigieuses écoles de Lausanne, Toronto, Kronberg ainsi qu’à l’académie Barenboim. Il se produit régulièrement dans les plus grandes salles européennes. Ses œuvres, dont une récente sonate pour piano et violoncelle, allient influences classiques et contemporaines.

J.S. Bach (1685-1750)
Prélude et fugue en mi bémol mineur (piano)
Datant de 1722, ce 8ème prélude du premier livre du clavecin bien tempéré est sans doute le plus émouvant, par l’intensité et l’intériorité qui s’en dégage. Suite N°1 pour violoncelle (prélude, menuets et gigue). Dans les 6 suites Bach utilise tous les registres du violoncelle qui se déploient, après un prélude, dans une succession de danses.

 Johannes Brahms (1833-1897)
Sonate pour violoncelle et piano n°1 en mi mineur, Op. 38
Composée en 1865, cette sonate est l’une des œuvres majeures du répertoire pour violoncelle et piano. Brahms, compositeur allemand du romantisme, admirait particulièrement la musique de Jean-Sébastien Bach, ce qui transparaît dans cette sonate, notamment dans le dernier mouvement inspiré par l’Art de la fugue. L’œuvre se distingue par la richesse de son écriture, l’équilibre entre les deux instruments et la profondeur de son expression.

– Allegro non troppo : un mouvement ample et lyrique, où le violoncelle chante une mélodie sombre et passionnée d’une force rayonnante et d’une grande noblesse de ton.
– Allegretto quasi menuetto : un intermède élégant, évoquant une danse ancienne avec délicatesse. Un lyrisme passionné
– Allegro : un final vigoureux où Brahms rend hommage à Bach par l’utilisation du style fugué.

Sergei Rachmaninov (1873-1943)
Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur, Op. 19
Composée en 1901, cette sonate est une œuvre phare du répertoire romantique russe. Rachmaninov, célèbre pianiste et compositeur, y déploie toute la richesse de son langage harmonique et la virtuosité de l’écriture pianistique. La sonate donne au violoncelle un rôle de partenaire égal, dans un dialogue passionné et lyrique.

– Lento – Allegro moderato : une introduction mystérieuse, suivie d’un mouvement principal dramatique et expressif.
– Allegro scherzando : un scherzo énergique, rythmé et plein de surprises.
– Andante : un mouvement lent, d’une grande tendresse, où le chant du violoncelle se fait particulièrement émouvant.
– Allegro mosso : final brillant et optimiste, marqué par l’élan et la virtuosité.

Niccolò Paganini (1782-1840)
Variation sur une seule corde (sur la corde de sol)
Niccolò Paganini, violoniste et compositeur italien, est célèbre pour sa virtuosité légendaire et ses œuvres spectaculaires. Les « Variations sur une seule corde », inspirées du thème de « Moïse » de Rossini, sont originellement écrites pour violon, mais également transcrites pour violoncelle. Cette pièce met en valeur la capacité du musicien à faire chanter l’instrument sur une seule corde, démontrant à la fois virtuosité technique et expressivité. La pièce commence par l’exposition du thème, suivie de variations de plus en plus virtuoses, jouées uniquement sur la corde de sol.