Concert du 16 août

/// Liya Petrova, violon
/// Roustem Saïtkoulov, piano

Révélée en 2016 par un premier prix au concours international  Carl Nielsen Liya Pétrova n’a cessé depuis de se produire en soliste  avec les plus grands orchestres français et internationaux. Elle vient de se produire à la Roque d’Anthéron avec Alexandre Kantorov et au Royal Albert Hall à Londres (BBC Proms). Toujours avec Alexandre Kantorov elle a enregistré la sonate de Strauss que vous entendrez ce soir. Elle joue depuis 2023 un Guarnerius del Gesu réalisé en 1742.

Roustem Saïtkoulov, que les habitués du Pont des Arts ont déjà eu l’occasion d’entendre en 2022 avec la violoniste Fanny Clamagirand, est originaire de Kazan. Formé au sein de la prestigieuse école russe de piano, il a travaillé au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou avant de poursuivre ses études à Munich. Formant un duo inoubliable avec le violoniste Maxim Vengerov, Roustem Saitkoulov a enchanté les salles les plus prestigieuses des quatre continents, telles que la Suntory Hall de Tokyo, le Carnegie hall de New York, la Philharmonie de Paris ou le Conservatoire G. Verdi de Milan.

Schumann (1810-1856)
Sonate N°1 en la mineur Op 105
Elle date de 1852 où il sent qu’il ne lui reste plus que quelques années à vivre. Il se lance alors dans une frénésie de composition (« Il faut créer pendant qu’il fait encore jour ») et une rapidité d’écriture impressionnante. Quatre jours pour cette première sonate !
– Avec une expression passionnée : il alterne contrastes mélodiques et techniques qui trahissent la fougue du compositeur.
– Allegretto : s’y exprime une nature rêveuse et mélancolique et alterne une ondoyante mélodie avec de soudain accès de fièvre.
– Animé : c’est une poursuite effrénée entre les deux instruments qui semblent ne jamais se rejoindre.

Brahms (1833-1897)
Sonate N°3 en ré mineur Op 108
C’est à la musique de chambre que Brahms a confié ses meilleures inspirations. Composée en 1888 au bord du lac de Thun par un été paisible, loin du temps des orages, cette sonate épique et sentimentale, exprime une inspiration plus épanchée, d’un lyrisme sans contrainte. Quatre mouvements :
– Allegro : un mouvement d’ouverture intense et passionné, marqué par un dialogue énergique entre le piano et le violon, avec des thèmes lyriques et dramatiques.
– Adagio : le sommet de cette œuvre empreint de douceur et de mélancolie, une des plus effusives rêveries qui soient.
– Un poco presto e con sentimento : plus vif et rythmé, avec un caractère dansant évoquant presque une danse hongroise.
– Allegro molto : animé et virtuose, combinant vivacité et intensité, concluant la sonate sur un souffle épique.

Richard Strauss (1864-1949)
Sonate en mi bémol majeur Op 18
Loin de ses poèmes symphoniques ou de ses quinze opéras, c’est l’œuvre en 1888 d’un jeune romantique qui écoute encore ses maitres de Beethoven à Mendelssohn et Schumann et témoigne d’un lyrisme intense, d’une grande complexité harmonique et d’une virtuosité technique. Trois mouvements :
– Allegro ma non troppo : une énergie juvénile et une grande expressivité alternant passages passionnés et moments plus contemplatifs.
– Andante cantabile : un véritable chant, empreint de douceur et de nostalgie.
– Andante – Allegro : une introduction lente qui prépare un finale vif et brillant combinant virtuosité et légèreté.